6533b7d9fe1ef96bd126cb51

RESEARCH PRODUCT

Littératures et formes de vie

Florent CosteFlorent Coste

subject

Geography Planning and DevelopmentManagement Monitoring Policy and Law

description

Les etudes litteraires entretiennent avec les sciences sociales des relations qu’on pourrait qualifier de « faibles ». Sans doute le statut d’exception de l’œuvre litteraire confere par l’heritage de l’idealisme romantique la retranche-t-elle partiellement de la vie sociale. Ainsi se trouve bloquee ou empechee toute pensee qui chercherait a rendre compte de son action, de son pouvoir ou de ses effets (immanents a la societe). On se propose ici d’esquisser une anthropologie pragmatique de la litterature, qui sans degager des structures, des cultures ou des mentalites qui s’y transposeraient, viserait plutot a decrire ses manieres de s’inscrire dans le tissu du langage ordinaire, pour le transformer de l’interieur. On s’appuie pour cela sur les deux notions fondamentales de la seconde philosophie wittgensteinienne : le jeu de langage et la forme de vie. Le texte n’est plus subordonne au contexte, pas plus que les etudes litteraires ne sont soumises au magistere des sciences sociales. Parce que l’etude de la litterature consiste a decrire les effets du texte sur le contexte, elle peut et doit pretendre – a egalite avec toutes les autres – au statut de science sociale. Les etudes litteraires, si elles souscrivent a cette exigence anthropologique, doivent donc rechercher a elargir notre sens et notre definition de la litterature en explorant des contrees lointaines (dans le temps ou dans l’espace) et differentes (d’un point de vue generique ou technique) et en cultivant, a l’instar de l’ethnographe, une attention particulierement critique a l’egard de ses outils de description.

https://doi.org/10.4000/pratiques.1788