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RESEARCH PRODUCT

Génétique formelle, lutte génétique et structures des populations de Moustiques

H. Laven

subject

ParasitologyBiologyHumanities

description

La genetique formelle des insectes vecteurs ou nuisibles en est en general encore a ses premiers pas. Un resume des connaissances sur cette question a ete publie recemment dans le livre « Genetics of Insect Vectors of Disease ». Si on la compare a celle des insectes comme Drosophila , on se rend compte a quel point la genetique des insectes nuisibles est peu connue malgre leur importance. Le peu que l’on sait a ce sujet sur les especes les mieux etudiees comme Aedes aegypti ou Culex pipiens demontre cependant qu’il est possible d’etudier la genetique formelle qui servira de base necessaire a des etudes plus elaborees, particulierement dans le cadre du developpement et de l’evaluation des mecanismes de lutte genetique. Les experiences d’irradiation constituent un moyen de produire des mutations visibles. On peut s’etonner de la rarete des cas ou l’irradiation a ete utilisee dans ce but.Une autre facon d’obtenir des resultats fondamentaux sur la genetique d’une espece est representee par l’etude de la genetique des populations. L’intercroisement des descendants d’animaux isoles sur le terrain a. revele l’importance de la charge mutationnelle ; elle a ete demontree pour la premiere fois chez Aedes aegypti et Culex pipiens . Cette seconde methode presente en meme temps le grand avantage de fournir une premiere indication sur la plasticite d’une espece dans les conditions naturelles. Connaitre la forte variabilite d’une population naturelle est d’une importance primordiale pour appliquer des mesures de lutte. Les recherches sur la nature et l’incidence des genes responsables de la resistance aux insecticides dans les populations naturelles en fournissent un exemple recent. C’est un fait qui, dans une certaine mesure, est d’une importance egale ou meme superieure pour l’application des mesures de lutte genetique.Pour apprecier l’efficacite de toutes les mesures possibles de controle genetique, il est utile de les diviser d’abord en deux groupes principaux :1)Mecanismes qui agissent entre les especes : mortalite gametique, mortalite zygotique, non viabilite ou inferiorite des hybrides, sterilite des hybrides ;2)Mecanismes qui agissent dans la meme espece : incompatibilite cytoplasmique, letalite dominante, aberrations chromosomiques, genes nuisibles de differentes categories.Le premier groupe, agissant entre deux especes ou davantage, est d’une valeur douteuse pour la lutte sur le terrain. Les barrieres entre deux especes se brisent rarement dans la nature, mais peuvent disparaitre facilement en captivite ou dans certaines circonstances et ce fait est suivi des phenomenes indiques dans ce groupe. Les observations faites sur des animaux captifs n’indiquent jamais ce qui se passe dans la nature. Un exemple en est l’echec recent de la lutte contre Anopheles gambiae par utilisation de la sterilite des hybrides.On peut diviser a nouveau en deux groupes les autres mecanismes possibles qui agissent dans les limites d’une seule et meme espece :a)Mecanismes agissant au cours de la meiose ou du developpement embryonnaire : incompatibilite cytoplasmique, letalite dominante, aberrations chromosomiques conduisant a une semiletalite.b)Mecanismes agissant a tous les stades ulterieurs jusqu’a l’adulte : letalite larvaire, nymphale ou adulte, subviabilite ou inferiorite dues a un gene letal, genes subvitaux ou nuisibles, y compris les letaux conditionnels et la distorsion du taux des sexes.Dans ce cadre, le premier groupe de ces mecanismes ne peut etre contrebalance par aucun gene ni systeme genique de la population naturelle car ils empechent la, meiose normale et produisent par la suite la mort du nouvel individu. En revanche, le second groupe de mecanismes agit apres la meiose, c’est-a-dire apres leur introduction a simple dose dans un animal diploide. De nombreuses constatations prouvent que l’effet nuisible de genes particuliers ou de systemes multifactoriels peut etre contrebalance par la selection naturelle. Un exemple est fourni par les decouvertes de laboratoire sur le facteur determinant le sexe mâle chez Aedes aegypti .On peut conclure de l’etude de tous les mecanismes theoriquement utilisables que ceux qui operent durant la, meiose sont les plus efficaces pour la lutte genetique.

https://doi.org/10.1051/parasite/1971463s103