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Consigner ou fabriquer la légende d’Alexandre le Grand ? Arrien face à la tradition dans l’Anabase

Mélissa Leuzy

subject

010506 paleontology060102 archaeologymedia_common.quotation_subject0601 history and archaeology06 humanities and the artsArt01 natural sciencesHumanities0105 earth and related environmental sciencesmedia_common

description

Dans l’Anabase, Arrien convoque des sources nombreuses et s’y refere souvent explicitement par une large gamme de mentions, allant du nom des auteurs aux expressions « ce qui est dit » ou « le bruit qui court ». Dans un contexte ou, habituellement, « un historien antique ne cite pas ses sources », selon une formule de Paul Veyne, ce choix est surprenant. Arrien est-il condamne a n’etre que le passeur d’une tradition deja toute constituee sur le conquerant, incapable de prendre lui-meme en charge le recit ? C’est precisement sur la nature exacte de la transmission du materiau historique dont il herite, sur ses criteres et sa finalite que porte cette etude. En realite, non content d’enregistrer aveuglement tout ce qui a ete dit sur Alexandre, Arrien evalue avec precision le degre de verite de chacune de ses sources. Transmettre revient alors a juger et a selectionner. Mais parallelement a cette posture critique de l’historien, qui entreprend d’epurer la tradition des mensonges, l’auteur menage un autre critere en laissant une place pour ce qui est « digne d’etre raconte ». Plus encore, il subordonne ses jugements historiques a la vision du conquerant qu’il entend vehiculer. De cette facon, la transmission se fait creation d’un nouvel Alexandre, faconne par Arrien grâce a une habile manipulation des sources.

https://doi.org/10.47245/archimede.0008.ds2.02